Le gratuit sur internet
Les bons plans gratuits recouvrent des réalités très différentes : échantillons, événements sans billet, logiciels en version libre, périodes d'essai, ressources éducatives. Toutes ne sont pas gratuites au même titre, et la distinction vaut d'être posée.
Trois sortes de gratuité
La gratuité réelle, d'abord : un contenu financé par un service public, une association, une fondation ou un particulier qui le met à disposition. Les cours en ligne d'universités, les ressources des bibliothèques numériques publiques, les logiciels libres, les données ouvertes appartiennent à cette catégorie.
La gratuité financée par la publicité ensuite : le service est gratuit parce que l'attention et les données de l'utilisateur sont vendues. Ce n'est pas un jugement, c'est un modèle, mais il implique que le produit soit conçu pour retenir, ce qui a des conséquences.
Et la gratuité d'appel enfin : période d'essai, version limitée, premier mois offert. Elle vise la conversion en abonnement, et c'est là que se concentrent les mauvaises surprises.
Les périodes d'essai
Trois règles évitent l'essentiel des litiges. Noter la date de fin d'essai dans un agenda le jour même de l'inscription. Vérifier, avant de saisir un moyen de paiement, comment se résilie l'abonnement, si la procédure n'est pas indiquée clairement, c'est un signal.
Et connaître ses droits : pour un contrat conclu à distance avec un professionnel, le droit de rétractation de 14 jours s'applique, et un professionnel doit désormais proposer une résiliation en ligne aussi simple que la souscription lorsque celle-ci a été faite en ligne.
Les ressources réellement gratuites qui valent le détour
Les cours en ligne ouverts, proposés par des universités et des établissements publics, avec attestation de suivi. Les bibliothèques numériques publiques, dont les fonds patrimoniaux numérisés. Les archives ouvertes de la recherche, qui donnent accès à des articles scientifiques sans abonnement.
Les logiciels libres, qui couvrent la bureautique, la retouche d'image, le montage vidéo, la comptabilité et la cartographie. Les données publiques ouvertes, exploitables librement. Et les ressources des services publics : conseils en rénovation énergétique, information juridique, orientation scolaire.
Ces ressources ont un point commun : elles sont peu visibles, parce que personne n'a de budget pour en faire la promotion.
Formations en ligne et formations traditionnelles
Internet donne accès à un volume de formation sans précédent, gratuit ou peu coûteux. La différence avec une formation traditionnelle ne tient pas au contenu, souvent équivalent, mais à trois éléments.
Le cadre : un rythme imposé, des échéances, un groupe. Les taux d'abandon des cours en ligne sont très élevés, et c'est l'absence de cadre qui les explique, pas la difficulté.
L'accompagnement : un enseignant qui corrige et répond. Et la reconnaissance : une attestation de suivi n'est pas un diplôme. Un titre n'a de valeur reconnue que s'il est enregistré au répertoire national des certifications professionnelles, information publique et gratuite à vérifier.
La vigilance élémentaire
Quelques signaux appellent la prudence : un « cadeau » conditionné à la saisie de coordonnées bancaires, un jeu-concours demandant un numéro surtaxé, un logiciel gratuit téléchargé ailleurs que sur le site officiel de son éditeur, une offre relayée par un message non sollicité.
Sur les données personnelles : chaque inscription à un service gratuit crée un compte de plus, et une fuite de plus possible. Une adresse électronique dédiée aux inscriptions ponctuelles évite de mêler ces services à sa messagerie principale, qui est le compte le plus sensible de tous.